tchad, le bras de fer

Publié le par blog-allemoniere-tf1

 

Tchad, l’opposition peut elle encore exister ?

Ngarlejy Yorongar, député tchadien, disparu le 3 février durant les combats de Ndjamena, réapparu après 19 de détention, est-il l’homme qui peut cristalliser une opposition politique à Idriss Deby.

 

                                    

                                      Il s’en dit convaincu.  

 Ce sudiste, chrétien qui a participé au renversement de Toumbalbay et à celui d’Hissen  Habré, au coté d’Idriss Deby ne croit plus à la lutte armée, un des fléaux du Tchad.

En rencontrant la presse à Paris, après avoir réussi à fuir son pays par le Cameroun, le député du Parti Fédéraliste insiste sur plusieurs points, il rentrera au Tchad , il reste déterminé à lutter contre Deby, il est favorable à un dialogue inclusif avec la société civile, les partis politiques, les rebelles.

Conférence de presse où il raconte ses conditions de détention et son simulacre de mise à mort :

 

Quant au président tchadien, il pourrait bén,éficier de l’immunité s’il se retire du pouvoir.

En 2001, rappelle –t-il, il a gagné les élections mais Idriss Deby lui a volé sa victoire et l'a fait arrêté. Il se présente aujourd’hui comme l’homme qui veut et peut diriger le Tchad. " J’ai soulevé une espérance telle au Tchad que je ne veux pas décevoir, je retournerai au Tchad je veux marquer Déby à la culotte ".

Charismatique, il sait séduire et charmer ces interlocuteurs qui voit en lui l’homme qui peut sauver le pays à l’inverse ses détracteurs le décrivent comme un homme sournois qui sait manier la duplicité à la perfection pour arriver à ses fins.

                                           Vrai, faux ?   

 

 

 

Une chose est certaine, l’opposition tchadienne a été laminée au cours des ans et est aujourd'hui en grande difficulté.La société civile, les défenseurs de droits de l’homme, la presse est muselée depuis les évènements de février. Le durcissement du régime s’était amorcé dès l'automne avec la reprise des combats avec les rebelles à l’est du pays. En fin d’année, Idriss Idriss Deby avait clairement laissé entendre que la démocratie avait ses limites et qu’elle n’était peut être pas faite pour le Tchad.

Aujourd’hui, on est toujours sans nouvelles d’un autre opposant, IbnOumar Mahamat Saleh.

 « J’ai de très sérieuses inquiétudes à son sujet » a déclaré N Yorongar qui ne se fait guère d’illusion sur la commission d’enquête mise en place par les autorités pour faire la lumière sur cette disparition.

Quant à Lol Choua, un autre opposant, retrouvé vivant le 14 février, après avoir été arrêté par la garde présidentielle, il a été libéré,assigné à résidence et est aujourd'hui libre de ses mouvements suite à la pression de la communauté internationale mais il se sent bien seul.  Bon nombre d’hommes politiques qui craignent pour leur sécurité, préfèrent rester pour l’instant à l’étranger.

 

 Pourquoi la France est-elle restée silencieuse pendant plusieurs

                                           jours?    

Des rumeurs,  savamment distillées par des français basés dans la capitale tchadienne, laissaient entendre que les trois opposants se cachaient. Pourquoi  a t il fallu attendre que l’Union Européenne hausse le ton et exige la libération immédiate des disparus pour que la France exige des clarifications?

Quant aux journalistes comme, Sonia Rolley,  notre consœur de RFI , basée au Tchad, depuis qu'elle a révélé la disparition des opposants et les inquiétudes de leur famille, elle a été prié au  de quitter le pays. Il a fallu une intervention du ministère des affaires étrangères pour qu'elle puisse rester au Tchad mais en « vacances ». Aujourd’hui, elle est toujours dans le pays mais elle ne peut pas travailler, officiellement  jusqu’à la levée de l’état d’urgence, prévue le 15 mars. Signalons que cette consœur n’a pas été soutenue par l’ambassade de France .Les diplomates en poste, il est vrai,  sont rarement d’accord avec les  journalistes  mais il est rare que leur aversion pour un correspondant soit du domaine public.…Voilà qui en dit long sur le climat qui règne dans la capitale.…

Le profil bas adopté par Paris qui peut apparaitre bien souvent comme un soutien, s'explique.La France ne semble pas voir d’alternative à la situation actuelle et ne pas croire en  les capacités de l’opposition. Régulièrement, Paris évoque le risque d’un embrasement généralisé, accompagné de tueries en cas de renversement du régime.Bref, la diplomatie française qui se veut innovante (cf. le discours du président Sarkozy en Afrique du Sud), opte pour le statu quo au Tchad….  

                                           Une nouvelle fois.

 

 

 

 

 

 

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