La vraie histoire de l'Arche de Zoé?

Publié le par blog-allemoniere-tf1

On les décrit comme des illuminés, des fous…On fait de leur responsable, Eric Breteau, un gourou…certain dénonce l’escroc qui se cache sous l’humanitaire….

Eric Breteau du fond de sa prison de Ndjamena m’a appelée 5 jours avant le début de son procès au Tchad, sur mon portable, une longue conversation de 30 minutes où il s’est expliqué sur ses motivations, où il m’a aussi annoncé à l’avance ce qui allait se passer, début des audiences, date du verdict , départ en  pour la France…

L’homme n’avait rien d’un fou, d’un illuminé d’un escroc…
A l’écouter, on comprenait qu’il était plutôt question d’une histoire de mensonge et de bonne foi, commis sous pression financière.

Refaisons l’historique de l’affaire, prenons le temps de nous mettre à la place d’Eric Breteau et des les membres de l’association. Ils veulent marquer les esprits, ils ne croient plus à l’humanitaire vieillissant de ce début du siècle.

Après le Tsunami, ERIC Breteau, en se rendant sur les plages dévastées, a vu ou cru voir les lenteurs et les lourdeurs des grandes ONG ; Alors, il veut retourner à l’humanitaire des premiers jours inventé par Bernard Kouchner au Biafra dans les années 60. Il est prêt à faire fis des lois internationale.

Purs produit de notre époque où l’on existe que si l’on est médiatisé, il décide de faire un coup. Pour vendre ce qu’il croit être le renouveau de l’humanitaire, il va ignorer les lois sur l’adoption internationale au nom des grands principes.

Avec les autres membres de l’association, il s’appuie sur des idées simples et simplistes :

Dans le monde, il y a des enfants qui souffrent.
Au Soudan, il y a un président islamiste et cruel.
Au Darfour, il y a un génocide et des orphelins.

En France, il y a des gens généreux, des hommes et des femmes prêts à accueillir, adopter des enfants, ils seront choyés, nourris et vivront heureux dans un pays en paix, bref ;
Grâce à eux les petits orphelins du Darfour  seront enfin heureux, c’est ce qu’ils croient.

Si les dirigeants politiques du monde occidental dénoncent cette situation sans rien faire, eux, eux vont agir, c’est ce qu’ils veulent. Jamais, ils ne remettront en question leur cheminement et leur vision du « bonheur » jamais ils ne s’intéresseront au désir des petits africains qui leur sont présentés.

Le projet prend corps. Pour le  financer, ils demandent à tous ceux qu’ils se reconnaissent dans leur discours de leur donner de l’argent, en échange les familles « d’accueilles » auront des petits. Certains veulent des moins de 5 ans d’autres des bébés qu’à cela ne tienne. Ils promettent de ramener tout ce petit monde en France. Une opération commando qui leur plait.

Partis au Soudan, E Breteau s’aperçoit très vite que dans ce pays, l’opération sera trop difficile à réaliser. Trop de policiers, de militaires, trop dangereux, trop de tracasseries administratives, d’autorisations à demander pour circuler. Ils se tournent verts le Tchad, plus accessible. A  l’est du pays, il y a des camps de réfugiés soudanais.

 Ils font plusieurs voyages s’installent à Abéché puis à Adré. Tout cela coute cher, très cher. Pour un billet AR paris Ndjamena, il faut débourser entre 2500 euros et 4000 euros.

Ils seront nombreux, médecins, logisticiens, pompiers  à faire le voyage, dès le mois de juillet 2007. La location de voitures tous terrains, de maisons coutent cher et puis il y a les traducteurs les employés tchadiens l’achat d’u petit avion l’affrètement d’un Boeing. L’argent confié par les familles disparait très vite, la pression monte. Il leur faut à tout prix des enfants.

Plus compliqué  que prévu :

Quand, ils vont aller dans un camp de réfugiés près d’Adré, celui de Farchana deux fois de suite.

 

 

Ils sont « virés » par les refugiés qui, après avoir consulté le HCR, les Hauts commissariats des nations unies pour les réfugiés, leur expliquent qu’ils ont sur place assez d’ONG sur place pour s’occuper des orphelins. Eric Breteau et Emilie Lelouch  ne s’appuieront plus que sur des intermédiaires tchadiens.

Ils veulent 300 enfants, ils ne réussissent à en rassembler guère plus d’une centaine. Ils croient sans se poser de question ce que leur disent les intermédiaires,  « ils sont orphelins et du Darfour ». Quand des mères viennent en réclamer certains, ils refusent de se poser Les questions qui s’imposent : « Si des mères tchadiennes viennent rechercher des enfants, qu’en est-il des autres, sont-ils réellement orphelins, sont réellement originaires du Darfour ? » Ils ferment les yeux.

 

 Les traducteurs, les intermédiaires qui amènent les enfants et qui les entendent réclamer leur parents ne traduisent pas …pensant que ce mensonge par omission leur permettra de  bénéficier d’une éducation correcte grâce à cette ONG qui promet d’assurer leur scolarité. Ils ignorent tout du projet final.

Et le projet, il s’accélère car l’organisation a promis de ramener des orphelins et a pris de l’argent de plusieurs familles françaises, 1000, 2000 euros plus, chacune…Comme ils sont redevables, il leur faut donc mentir, oublier la réalité comme d’autres l’oublient au nom d’une éducation promise. Tous veulent agir pour le bien de ces  petits, mais avec des motivations et des objectifs très différents. L’Arche de Zoé,  version « Children Rescue » au Tchad, ne peut plus reculer, l’engagement financier est trop lourd.

Ils ne peuvent pas rentrer sans enfants, ils doivent trop d’argent aux familles.

 
Jamais, et encore aujourd’hui, les protagonistes de cette sombre histoire, ont demandé aux enfants ce qu’ils voulaient !

Aujourd’hui, ils 103, à n’attendre qu’une chose : revivre avec leurs parents, rentrer dans leur village. Tout le monde le sait.  

Mais avec le temps qui passe, ce retour sera difficile, depuis ‘ mois, ils sont l’objet de toutes les attentions, gâtés, lavés, éduqués, depuis 4 mois, ils mangent à leur faim et sont devenus à leur insu l’enjeu de batailles politiques.

 

 

Aujourd’hui, ils jouent dans la cour de l’orphelinat d’Abéché, pour combien de temps encore ?

 

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L'Abrincate 21/01/2008 22:10

Je n'arrive pas à comprendre comment l'Arche de Zoé a pu commettre une erreur éthique élémentaire qui a consisté à chercher des solutions (les familles d'accueil) pour ensuite aller "chercher" des enfants correspondant au discours tenu depuis des mois à ces familles.En général, dans l'humanitaire, on va à la rencontre des situations et des populations en situation de détresse pour ensuite chercher des solutions....http://bboeton.wordpress.com/2007/11/06/arche-de-zoe-2-desobeissance-civile-et-mensonges/
Bien cordialement.