Tchad L'Europe en panne

Publié le par blog-allemoniere-tf1

Ils ont eu peur, très peur.

Il y a 15 jours, de violents combats entre rebelles tchadiens et forces gouvernementales se sont déroulés à une vingtaine de kilomètres de leur camp. La guerre qu’ils ont fuie en quittant le Darfour , au Soudan, les rattrape.

Farchana fait partie des premiers sites crées par le Haut Commissariat aux Refugiés, le HCR , avec l’ accord de Ndjamena. Aujourd’hui, plus de 18 000 soudanais vivent ici, une véritable petite ville  de huttes en bois, a vu le jour, le long de la route qui va d’Abéché à Adré, poste frontière avec le Soudan.

« Pourquoi, les européens qui devaient se déployer au Tchad pour nous protéger, tardent tant, pourquoi ne sont ils pas là, on nous a dit que c’était el Bachir qui les payait pour qu’ils  ne viennent pas »,  nous confiera un réfugié.

La rumeur amplifie la peur.

Le président soudanais et ses milices armées, les Djanjawids, qui ont incendié leurs maisons et massacré leurs proches, sont en train de corrompre les européens qui voulaient venir les aider, croient-ils désormais. C’est aussi ce même président qui arme les rebelles tchadiens pour faire tomber Idriss Deby ajoutent-ils.

L’insécurité qui n’a, en effet jamais cessé  augmente de jour en jour. Depuis qu’ils ont quitté le Darfour et se sont installés ici, il y a des hommes en armes qui les agressent lorsqu’ils vont chercher du bois, il y a des bandits qui volent les voitures des humanitaires et il y a enfin des milices arabes qui rodent autour de leur camp et comme si cela ne suffisait pas, il y a aujourd’hui, ces  rebelles tchadiens qui se battent,  dans la région, avec l’armée nationale.

 

Les affrontements qui ont commencé en novembre, font fuir les humanitaires. L’ONU diminue le nombre de ses expatriés sur le terrain. Résultat, c’est avec la peur au ventre qu’ils partent travailler la terre et surveiller leurs bêtes.

David Gervais Koutangni, responsable du HCR à Farchana estime à 10 le nombre d’incidents visant des humanitaires depuis juin et à 20 des civils.

« Les camps ne sont pas assez protégés, tout le monde peut rentrer, il n’y a que 15 gendarmes pour assurer la sécurité  ce n’est pas assez, pourquoi les européens ne viennent pas.» disent les réfugiés.

Ils veulent savoir, comprendre. « On a des questions a vous poser », disent-ils dit, avant de se lancer, avec nous,  dans une longue conversation, via l’interprète, sur les faiblesses de l’Europe et les promesses des hommes politiques, jamais tenues…

 

Ce soir sur la BBC, ils écouteront, une nouvelle fois,  les nouvelles.

La dernière réunion à Bruxelles entre les européens, n’a rien donné, aujourd’hui, les militaires vont se parler pour tenter de débloquer la situation

 

La nuit tombe, l’ombre du président soudanais continue de planer sur le camp.

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