Patricia Allemonière
Conflits,catastrophes humanitaires, montée des tensions sortie de crises …Bref, un regard sur la planète, des commentaires, des interviews, des analyses, des questions, tout ce que je n’ai pas eu le temps de vous dire dans nos éditions et puis mes coups de cœur, pour un livre, pour une femme, un homme, un enfant …

Le blog du
bureau de Washington

Denis Brunetti
depuis Jérusalem
Laure Debreuil
Le blog justice et compagnie
Nous les avons rencontrées alors qu'elles venaient d'être refoulées par les israéliens au point de passage d'Eretz.
No man' land qui s'étend avant d'arriver au point de passage d'Eretz coté palestinien. ( porte de sortie de Gaza en Israël).
Coincée dans un des derniers sas de sortie conduisant au long couloir qui permet de passer coté palestinien, Heba n'arrivait pas à progresser avec sa lourde valise, son gros sac
.Je lui ai proposé dans mon anglais teinté d?accent français de l'aider. Vêtue d'un jean, d'une tunique verte olive brodée, les cheveux recouverts d'un petit foulard colorée, elle n'avait rien à voir avec ces femmes enveloppées de leur abaya noire, croisée à Gaza.
Une fois le tourniquet passé, je m'apprêtais à l'abandonner pour rejoindre mon fixer palestinien
Azmi au travail dans une rue de Gaza ville.
(correspondant local, il organise les rendez-vous et traduit et peut aussi, comme c'est le cas d'Amzi, être caméraman) qui m'attendait de l'autre coté de ce no man's land lorsque je l'ai entendue prononcer une phrase en français.
Elle s'adressait à sa fille sans aucun doute ! pas à moi.
Je me suis arrêtée, surprise ;
« Vous parlez français ? »
Avec un léger accent palestinien, elle m'a expliqué, en français, qu'elle était étudiante en master à Toulouse. Elle vivait dans la ville rose avec le père de son enfant, la petite, née en France, avait des papiers français. Heba était inquiète, la rentrée des classes approchait et sa fille n'allait pas pouvoir faire sa rentrée, .Elle avait bien alerté
Heba était désespérée, inquiète. A gaza la situation s'empirait de jour en jour et le blocus semblait ne jamais devoir être levé. Elle ne savait plus quoi faire ;
Les rues du centre pleines de poubelle, les employés municipaux en grève ne les ramassent plus
La jeune femme avait les nerfs à vifs. Sa petite fille, était au bord de la déshydratation, cela faisait plus de trois heures qu'elle s'était engagée, avec son enfant, dans ce tunnel pour tenter de passer coûte que coûte en Israël, et elles étaient maintenant obligées de rebrousser chemin. Nous n'avions pas d'
Il nous a fallu patienter. A cet endroit, entièrement recouvert, la température est très élevée car des spots lumineux, des achémis de 4000 volts inondent de lumière le couloir surveillé par des caméras vidéo.
L'attente s'est prolongée 30 minutes, le temps de prendre ses numéros de téléphone, ceux des passeports palestiniens, de sa carte de séjour et celui de la carte d'identité française de la petite sara.
J'avais décidé de les aider. Le cas de Heba était exemplaire de l'absurdité de la situation pour les civils.
Heba était palestinienne, sa famille vivait à Gaza, elle avait quitté la région après avoir obtenu des papiers pour entreprendre un troisième cycle en France. Son français était impeccable.
Rue de gaza
Depuis des décennies la communauté palestinienne ne cesse d'exporter ces enfants, une façon de leur faire échapper à l'enferment et à une vie sans avenir. Heba était partie, elle revenait pour
Le retour prévu en France un mois plus tard était compromis. L'Egypte fermait ses frontières début juin et Israël n'autorisait que le passage de denrées alimentaires et de cas humanitaires (santé).
Après avoir téléphoné, à des amis jordaniens, après avoir vérifié auprès des autorités israéliennes qu?elles ne s'opposeraient pas au transit de cette petite française et de sa mère j'ai compris qu'il ne suffisait qu'un peu de bonne volonté des autorités consulaires françaises à Jérusalem pour débloquer sa situation.
Alors, j'ai décidé de joindre par téléphone les "bonnes personnes" au ministère des Affaires Etrangères à Paris et....la situation s'est débloquée comme par miracle en 24h !
Heba et Sara ont obtenu leurs papiers. 3 jours plus tard, un jeudi, une
Sara a pu faire sa rentrée, Heba m'a remerciée.
INFO :
Depuis le bouclage de la bande de Gaza après la prise de contrôle par le Hamas, le 14 juin dernier, plusieurs milliers d'étudiants enregistrés dans une fac à l'étranger, USA, Qatar, Egypte, Canada, France se trouvent dans l'impossibilité de sortir.
L'Egypte refuse toujours d'ouvrir son
A deux reprises Israël a accepté d?en faire transiter un petit nombre, moins de 200 par son territoire, pour les autres, c'est l'attente.
L'autre possibilité, (celle choisie par Heba et sa fille) obtenir
Les étudiants sont à ce jour toujours bloquer et attendent d?être choisis pour transiter par Israël
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vous écrivez que les palestiniens exportent leurs enfants afin de leur éviter l'enfermement.......
pour obtenir une bourse de l'égypte ou du koweit, il faut avoir au moins un parent martyr, c'est à dire qui se sera fait sauter en tuant des israéliens civils ;
L'enseignement des palestiniens est essentiellement à la charge de l'UNRWA, organisme fondé pour venir en aide aux réfugiés palestiniens ; ceux-ci sont les seuls réfugiés au monde a avoir droit à un organisme spécifique, aucun réfugiés au monde n'y a eu droit, de plus, sur une aussi longue période, les palestiniens étant réfugiés de père en fils et en petit-fils, ce qui est aussi une exclusivité palestinienne.
Les états arabes ont promis une aide à l'UNRWA pouvant atteindre 8% mais en réalité cette aide n'atteint pas 3% ; l'essentiel de l'aide c'est à dire 90% est payé par les USA tant haï et par l'Union Européenne.
Et pendant ce temps, les israéliens ont absorbé environ un million de juifs expulsés des pays arabes, mais ceux-ci n'ont jamais eu droit à des aides spécifiques. De plus, lesdits réfugiés ont été absorbés par Israël, et subviennent eux même à leurs besoins.
Bonjour,
La lecture de votre article ne peut que susciter des interrogations quant à la situation de cette jeune femme, qui semble pourtant être commune à de nombreux jeunes.
Ce conflit dont on parle tant reste cependant bien compliqué aux yeux de simples citoyens français comme moi ! En dépit de toutes ces informations que l'on nous donne, nous nous sentons bien impuissants face à cela, et ce d'autant plus, que rien ne semble jamais aboutir quand des démarches pour trouver la voix de l'apaisement sont enclenchées.
Pour finir, un grand merci à vous madame pour tous vos reportages et plus particulièrement pour l'aide apportée à cette jeune femme et à sa fille !