Darfour, l'incompréhension...

Publié le par blog-allemoniere-tf1

Omar el Béchir, le président soudanais ne comprend pas pourquoi le monde s'intéresse tant au Darfour, pour lui, tout est plus au moins réglé. Il resterait bien, selon lui, quelques petits problèmes au nord du Darfour. (Il parle de violences résiduelles.) Le fait que le PAM, le Programme Alimentaire Mondiale, entendez la communauté internationale, nourrisse plus d'un million et demi de personnes, " h-24"  ne le dérange pas.

 Son régime est convaincu ou du moins feint de l'être que l'occident, derrière les Etats Unies veut l'éliminer. (Il n'a peut être, pas complètement tord!). La volonté américaine de renforcer les sanctions qui pèsent sur le Soudan le renforce dans sa position.

Les camps de refugiés du Darfour et Tchad , 230 000, et des déplacés interne au Soudan, deux millions et demi de personnes

 

 Aujourd'hui, tout le débat est de savoir s'il faut ou non, augmenter les sanctions, (individuelles ou ciblées sur des entreprises nationales) pour forcer le régime à bouger, ou  s'il est préférable d'abandonner ce type de mesure de peur qu'elles ne renforcent la "parano" de Khartoum et conduisent le pouvoir soudanais à durcir un peu plus sa position.

 

 

 Au sein de l'administration américaine, certains sont convaincus qu'il faut être intransigeant et que toucher au cordon de la bourse ne peut qu'affaiblir Omar El Béchir. En France, le débat entre les pros sanctions et ceux qui y sont opposés se poursuit.

Sur le terrain...?

 

 

 

Au Darfour, les 2/3 de la population vit dans des camps, des camps qui au fil du temps sont devenus de véritables villes. Fini, aujourd'hui les problèmes d'approvisionnement en aliments et matériels. Les ONG qui travaillent dans les  camps, plus de 10 000 personnes, (et oui!), ne veulent pas trop que la presse internationale s'intéresse à elles, (à leur business humanitaire)

  En revanche, il est convenu que la presse s'intéresse aux routes qui sont pas sécurisées, aux villages qui sont encore bombardés  et aux civils qui sont pourchassées, violées et tués...Une violence qui n'a pourtant rien à voir avec les tueries des années, 2003/4 mais une violence qui gênent le travail des humanitaires. Plusieurs régions ne sont plus accessibles.   

 Dans ces zones, il est bien difficile de savoir ce qui se passe. Les services de renseignements qui suivent pourtant de près l'évolution de la situation ne sont gère bavards. Une note de la DGSE relève que seulement 20°/° des exactions sont le fait des Janjawids, ces fameux " cavaliers du diable" (traduction du mot). Le reste, la majorité serait du à des violences entre groupes rebelles, bandits et milices locales qui sont apparues avec l'enlisement. Les rebelles ont éclaté en de multiples factions, là où ils étaient 2 ils sont une vingtaine.  

Les données de base de la crise restent les même.

 

 

 Il s'agit d'une lutte ancestrale pour le contrôle des terres et des points d'eau entre nomades (pasteurs) et sédentaires. Une lutte qui est devenue féroce sous l'effet conjugué de la sècheresse et de la croissance démographique. Ajouté à cela, les conséquences du règlement de la guerre qui opposait depuis plus de 20 ans les Dinkas chrétiens dirigés par John Garang, à Khartoum.  Omar el Béchir a fini par accepter de partager le pouvoir  et les richesses du pays (Pétrole du sud). Pas étonnant que certains responsables dans le Darfour y est vu un signe encourageant. Le 6 février 2003, ils attaquaient un poste militaire à El Geneina.

La solution passe aussi par un partage du pouvoir. Le Darfour aurait un sous-sol riche et est grand comme la France...Les rebelles demandaient et demandent toujours des postes gouvernementaux et la création d'une province unie largement autonome. Mais il faudra aussi régler la question de l'appropriation des terres par les Janjawids ...Un phénomène qui n'a pas cessé ....Certains chercheurs affirment qu'il  faudrait régler le problème de l'accès à l'eau pour régler le problème du Darfour. Surement?

Mais quid de la responsabilité des auteurs des exactions qui ont agi sur ordre de Khartoum? Les milices arabes, supplétifs de l'armée soudanaise (occupée au sud du Pays à l'époque), avaient carte blanche pour mettre un terme à la rébellion soudanaise.

Quid du règlement actuel proposé par l'Union Africaine et accepté par Omar el Béchir?

Le déploiement d'une force hybride lui convient car il ne s'agit pas d'une véritable force onusienne sous commandement international avec des occidentaux à la tête. Omar el Béchir ne veut toujours pas entendre parler de casques bleus et pour faire un geste accepte cette force hybride... africaine Bis (gonflée à 20 000)  sous délégation Onusienne. Petit problème, Il va falloir financer le projet et  trouver des soldats africains prêts à aller au Darfour...Pour l'instant personne n'est pressé, il faut bien avouer que l'exemple donné par les soldats de l'Amis, (force africaine actuellement déployée,7000h) n'est guère stimulant.. Ces militaires ont des difficultés à accomplir leur mission et à être payés. Ils arrivent à peine à sortir de leur base pour protéger les femmes qui sortent ramasser du bois, disent les mauvaises langues...Rien à voir avec ce que veulent les occidentaux. 

INTERVIEW KOUCHNER   11 JUIN 2007 

Cette ITV a été réalisée par le caméraman seul. Ce jour Jean Yves Mey faisait le son et l'image. Louis François Corruble qui est preneur de son et monteur était occupé à monter le sujet que nous devions envoyer à Paris via internet dans l'heure qui suivait, autant dire qu'il n'avait pas le temps de tout faire. La tache était d'autant plus ardue pour Jean Yves qu'il était seul au milieu d'une vingtaine de journalistes qui se battaient pour être au plus près du ministre.!!!!

 Actuellement, la France milite pour un règlement politique. Faire asseoir à la même table, les rebelles et le régime...Avant d'en arriver là, il y aura une conférence internationale à Paris avec le G8, élargi à la Chine et à des pays africains...Une initiative visant à augmenter les pressions politiques sur Khartoum qui ne comprend toujours pas pourquoi l'on fait tant de bruit sur le Darfour..  

 Il faut bien avouer, sans donner raison à Omar el Béchir, que lorsqu'il y a eu 500 000 morts à 1 millions dan l'ex Zaïre en 1996 lors de la remontée de Josef Kabila, soutenu par les Rwandais, sur Kinshasa le monde n'a pas bougé le petit doigt et pourtant il y a avait des charniers dans la jungle avec des corps passés à la chaud, personne ne pouvait ignorer qu'il se passait un drame dans ces forêts équatoriales, nous y étions et bien d'autres avec nous....

Sujet JT tf1 29 mars1997

 

 

ATTENTION LES IMAGES DE CE SUJET SONT DURES.  IL A ETE ENVOYE PAR SATELLITE DE LA JUNGLE ZAIROISE, CE QUI EXPLIQUE LA MAUVAISE QUALITE VIDEO.

 

Il faut avouer qu'à l'époque Paris soutenait Mobutu (La France avait donc quelques petites choses à se reprocher) quant aux américains, alliés des Rwandais, ils étaient favorable à l'arrivée au pouvoir de Josef Kabila, le protégé des Rwandais.

 Alors ce qui se passait entre Goma et Kinshasa, personne ne voulait le savoir...Personne ne parlait de génocide....Les lobbies chrétiens américains ne constituaient pas de comité de soutien au peuple africain massacré, non, ils ne payaient pas, non plus, de voyage aux intellectuels du monde entier ...bref des femmes, des enfants, des vieillards des hommes ont pu être tués égorgés violés en toute tranquillité...

Quant aux responsable du génocide rwandais qui avaient utilisé cette foule comme bouclier protecteur, ils étaient déjà bien loi, et cela aussi tout le monde le savait).

Pas étonnant donc qu'Omar el Béchir ne comprenne pas pour quoi le monde entier s'acharne sur lui...Deux poids deux mesures, doit-il penser.

 

 

 

 

 

 

Mais "l'homme" n'est pas stupide et il a semble-t-il compris qu'il devait mettre un terme aux atrocités. En effet, ordre aurait été donné aux Janjawids d'arrêter de massacrer des civils,   

 "Un peu de retenu Messieurs le monde nous regarde!"  ...."la cour internationale pourrait bien vous demander de rendre des comptes"...

 Un des chefs Janjawids a déjà été inculpé par la CPI (Cour Pénale Internationale), il n'a, à ce jour,  pas été livré à La Haye par Karoun qui se propose de le juger sur place. 

 Les Janjawids auraient donc compris qu'ils pourraient bien être lâchés par le pouvoir si le besoin s'en faisait sentir. Une réflexion qui les a, semble-t-il, poussé à  obéir...

 

 

 

 

En quelque sorte, ils auraient adapté la devise précédemment citée : " Pour survivre, vivons sans faire de massacres (à grande échelle)....!

 

 

 

 A suivre.... 

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