otage français en Afghanistan, les mystères d'une libération...

Publié le par blog-allemoniere-tf1


Nous avions appris que les évènements allaient se précipiter ce week end mais nos interlocuteurs, toujours prudents n’avaient pas voulu nous en dire plus, ils savent qu’au dernier moment une tractation peut toujours échouer.

Le rituel est toujours le même. Lors des prises d’otages, ce sont toujours les ravisseurs qui annoncent la libération de leur prisonnier.

Vendredi à 16h, l’"urgent" de l' AFP tombe. Le ministère des affaires étrangères annonçe peu de temps après, un point presse du ministre, toujours prêt à réagir….!

Le lendemain matin, à 6 h , la même meute de journaliste se retrouve sur le tarmac de l’aéroport militaire de Villacoublay, en banlieue parisienne.

Un peu avant 9h, Eric Damfreville descend de l’avion

 

 

On sait aujourd’hui qu’il a été détenu dans le sud du pays, probablement par une tribu Baloutche. Il n’aurait jamais été aux mains du Mollah Daddulah, tué depuis. Voilà qui explique que les tractations aient pris du temps au départ, ( il fallait trouver le contact avec la dite tribu),  voilà qui explique aussi qu'elles aient été plus faciles... 

Eric Damfereville qui été détenu enchaîné, les yeux bandés durant tout le temps de sa détention, aurait été déplacé pratiquement tous les jours. Ses ravisseurs voulant éviter d’être repérés et localisés.

Le voyant affaibli et sentant qu’il devenait de plus en plus difficile de le cacher, (pas facile de trouver tous les jours un nouveau lieu de détention !)  les ravisseurs ont accepté de négocier sa libération.

 

 Les conditions de sa libération restent entourées de mystères

 

Cette nouvelle affaire révèle, une fois de plus , que les islamistes radicaux, ici les talibans ( le même phénomène se remarque en Irak), connaissent parfaitement les subtilités de la politique française et internationale. Ils suivent, via internet,  les déclarations de nos dirigeants.Les déclarations de Nicolas Sarkozy , du 25 avril, reprise le lendemain par Philippe Douste Blazy ne leur ont pas échappé. Pour sortir la tête haute de cette affaire qu'ils ne maïtrisaient pas totalement,  ils ont décidé de faire réference à ses propos selon lesquels la présence des troupes françaises, à long terme, en Afghanistan, n'était pas décisive. 

video Sarko

Ce serait donc les bonnes intentions de la France et de son futur président qui les auraient convaincus de relâcher leur otage.

La réalité est peut être differente, selon nos sources,Céline et Eric qui n'étaient pas directement détenus par les durs des talibans commencaient à devenir des otages gênants, ralentissant leurs déplacements de leurs ravisseurs.

Les Baloutches, grands seigneurs mais pas rassurés pour autant, ( ils savaient que les forces de la colation les surveillaient)  auraient préféré laisser partir nos français, dans un premier temps Céline , dans un deuxième Eric.....

Quand à savoir si une somme importante à été versée par la France, pour faciliter la négociation.

Le journal "Le Monde", dès samedi, en faisait état.

Pourtant l'argent n'est pas un problème pour les talibans.  Ils viennent de passer un accord avec les britanniques qui leur permet de ramasser leur récolte de pavot (très importante) dans le sud de la province d'Helmand .... en clair, vous récoltez mais vous n'attaquez plus de soldats de sa Majesté!

Et dire que les Britannqiues sont les champions officièlement de la lutte contre le trafic d'héroine dans la région...!

Mais si les talibans n'ont pas de problème d'argent, ils ont peut être d'autres besoins.... en d'autres temps, Paris a fait des offres pour obtenir la libération d'otages, essence, pièces détachées...

  

Sur un plan diplo et international, la déclaration des Talibans qui s'appie sur la déclaration de Nicolas Sarkosy, pour expliquer cette libération, embarrasse Paris...Que va-t-il se passer s'ils kidnappent  un autre français et nous demandent des comptes. Il faudra leur expliquer les subtilités de l'expression " à long terme",...et, j'ignore s'ils sauront apprécier, à leur juste valeur, les finesses de la langue française.

De toute façon, pour l'instant, le retrait de nos troupes, 1000 hommes, n'est pas à l'ordre du jour. Si les forces spéciales françaises sont parties d'Afghanistan, fin 2006, sur ordre de Jacques Chirac, il est peu probable que Nicolas Sarkozy faisse rentrer une partie du contingeant. Pas sûr, en plus,  que nos alliés, américains et britanniques, en substance apprécient la plaisanterie !

 

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L'Abrincate 18/05/2007 11:30

Quelques réflexions complémentaires sur cette affaire d'otages :
http://bboeton.wordpress.com/2007/05/16/otages-de-lhumanitaire/
Cordialement.