Irakiens, en France, pas facile!

Publié le par blog-allemoniere-tf1




Ils sont peu nombreux, souvent ils préfèrent se faire discrets, rares sont ceux qui réussi à obtenir, ces deux dernières années, l'asile politique.

Pour les rencontrer, nous avons du demander l'aide d' associations humanitaires. Forum Réfugiés, basé à Lyon, a répondu immédiatement à notre appel, suivi par Terre d'Asile.   

C'est ainsi que nous avons pu rencontrer Georges en compagnie de sa femme et son fils. Georges est un nom d'emprunt. 6 mois après leur arrivée cette famille vit encore dans la terreur.

 

Georges nous dira faire, toutes les nuits des cauchemars, il ne peut oublier les longues journées qu'il a passé dans une cave, détenu par des hommes masqués qui n'auraient pas hésité à le tuer si ses parents n'avaient pas trouvé l'argent exigée en échange de sa vie. Les chrétiens, comme Georges, sont les cibles favorites des mafias spécialisées dans le kidnapping. Ces familles n'ont pas de tribu pour les défendre, à l'inverse des Sunnites, des Kurdes et des Chiites. La communauté chrétienne forte d'un million d'âme, il y a encore peu, se réduit comme un peau de chagrin, moins de 500 000.

Mais qu'ils soient kurdes, chrétiens, sunnites, chiites, ils se refusent à parler de guerre civile. Avant, il y avait beaucoup de mariages mixtes, nous dira la femme de Georges, avant, entendez, avant l'arrivée des américains, en 2003...

 

 Traduction :  "Ce qui tue notre pays,  ce sont les luttes inter communautaires, avant on ne faisait pas de différence entre les chrétiens et les musulmans, cela n'existait pas..."

 Ce qui les a poussé cette famille à nous rencontrer, c'est leur besoin de témoigner sur la situation en Irak. Notre pays  était riche. Il suffisait de ne pas faire de politique pour vivre tranquillement .....

 

Traduction  : Jour après jour, la situation se dégrade, il ya d'abord eu la violence, le manque de sécurité puis l'éelectricité s'est mise à manquer et puis ce fut le tour de l'essence mais c'est surtout l'électricité qui est une tragédie pour les irakiens....  

 

Aujourd'hui, Georges a rejoint les deux millions d?irakiens qui ont quitté leur pays.En 2006, le France a enregistrée 99  demandes d'asile contre 9000 en Suède. Notre pays, pourtant lié à l' Irak de Saddam Hussein, est une des dernières destinations choisies par les Irakiens qui fuient leur pays.

Aujourd'hui, Forum International demande aux autorités françaises de faire un effort.

 

 

 

 Pour obtenir le droit d'asile, Georges a du prouver que sa vie était menacée, il a raconté sa détention et les lettres de menaces qui lui ont été envoyées après? Les experts de l'OFRA demandent des preuves. Et ces preuves sont parfois difficiles à fournir. 

 

 

Le cas de la deuxième famille que nous avons interviewée est encore plus dramatique.

Arrivé en 2005, en France, Mostfa Saleh Chemul n'a pas réussi à convaincre les experts de l'OFPRA et pourtant...

Il est vrai...il est Kurdes, alors, on du se dire les experts,  pourquoi ne pas se réfugier au Kurdistan. Impossible, pour les Chemul, en 1991, ils ont  déjà fait cette tentative, durant la première guerre du golf. Il est, à l'époque,  tombé dans les griffes des mafias locales et ne  peut plus aujourd'hui, revenir aux Kurdistan ! Mais, prouver que des mafieux au Kurdistan en veulent à sa vie, n'est pas facile ! 

Comment, aussi, prouver que des milices chiites sont prêtes à l'éliminer si ne leur sert pas d'indicateur, s'il n'accepte pas de dénoncer tous les anciens dignitaires du régimes qu'il soignait ? Mostfa Chemul était un dentiste connu à Bagdad, il soignait des membres du régime, des hommes recherchés par les milices chiites qui cherchent à retrouver leurs anciens tortionnaires ...

Ces comandos qui aplliquent la loi du talion,  se déplacent, avec la complicité du gouvernement, comme elles le veulent, dans le pays. De vértibles listes de personnes à abattre sont en leur possession; Mostfa Saleh devait parler, dire où elles se cachaient...Il a préféré fuir ; mais comment apporter la preuve de tout cela...Pour l'administration, son cas ne rentrent pas dans une case, alors exit ?

 

Mais, ici, la vie est  loin d'être facile.

Georges vit dans un foyer d'hébergement, les Chemul, dans un appartement géré par Terre d'Asile ;

Les réfugiés manquent cruellement d'argent. Nous avons appris à vivre avec des habits de seconde main, des meubles d'occasion ?

Tous appartiennent à la classe moyenne irakienne : médecin, docteur, professeur, informaticien, ingénieur, commerçant à Bagdad, ils vivaient dans les beaux quartiers, voiture, grand appartement, enfants scolarisés . Les kurdes et sunnites possédaient souvent des propriétés terriennes. Quand on leur demande s'ils étaient riches, ils ont tendance à répondre, oui. Oui par rapport à aujourd'hui. Pour arriver jusqu'ici, ils ont dépensé toutes leurs économies. Les filières clandestines rapportent gros aux passeurs.

Le voyage coûte 8000 euros par personne à 5, il faut compter  35000 euros, 40 000!

Le voyage se fait en camion, en train, à pied, en bateau, certains n?ont pas pu sortir durant plusieurs jours des conteneurs où ils étaient enfermés, un conteneur sans latrine, évidemment.  ?un accident est vite arrivé.. et ils le savent...

Pour survivre, une règle, ne pas poser de question, ne pas demander où ils sont, ne plus se souvenir des personnes rencontrées et ne jamais parlé de ce qu'ils ont fait et vu.

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Mirino 14/05/2007 18:18

Il faut arrêter d'insinuer que tout le mal est venu à partir de l'initiative des anglo-saxons et la fin du régime de Saddam.  Pensez vous que toute la population aurait permit les forces américaines d'arriver à Bagdad en trois semaines si elle ne voulait pas être libérée?Le mal est venu après les 12,000,000 iraqiens ont choisi la démocratie et ont élu leur gouvernement. D'ailleurs c'était aussi à partir de ce moment là que la France aurait fait mieux que de continuer à les bouder. Tous les pays démocratiques avaient une nette responsabilité d'approuver et de féliciter les iraqiens et de les aider à consolider leur choix de liberté. Au lieu de ceci, al-Qaïda a en profiter du vide relatif et a sciemment fait en sort que les groupes ethniques se devisent avec des actes systématiques et barbares.Ce qu'il faut apprécier, c'est que la guerre en Afghanistan est la même que celle en Iraq. C'est la défense de la démocratie. Il faut aussi comprendre que si les pays occidentaux sont incapable de les défendre où elles sont menacées, la démocratie est en danger  partout.