Iran visite du site d'Ispahan

Publié le par blog-allemoniere-tf1

Carnet de route:

Février, 2007, nous sommes les premiers journalistes français à pénétré dans l'usine de conversion d'Isphan,

 C'est ici que les iraniens fabriquent  le fameux UF6 (composé gazeux d hexafluorure d'oxyde d'uranium) étape préalable au processus d'enrichissement.

 Depuis  août 2005, date de la reprise des activités nucléaires sur ce site je ne cesse, comme tous les autres journalistes, de demander l'autorisation de visiter un centre nucléaire..  

 Partir en Iran sans visa, c'est possible.

 

 

Le  dimanche 28 janvier, je reçois un email de Téhéran avec la mention, URGENT. Son auteur  me demande si je suis intéressée par un «scoop », entendez la visite d'un site ( sans préciser lequel). Il précise que les autorités iraniennes viennent d'autoriser une dizaine de journalistes étrangers à faire cette visite, TF1 fait partie des heureux élus.  Il ajoute que je dois donner ma réponse le jour même. Il oublie que la réponse ne dépend pas de moi mais de mes responsables, en l'occurrence le Directeur de l'information de TF1 et que nous sommes dimanche.

En fin de journée,  j'arrive à obtenir le feu vert. Je fais une demande de visa par email, trois jours plus tard après des dizaines d'échanges téléphoniques entre Paris et Téhéran, l'Agence qui s'occupe des journalistes étrangers en Iran m'informe que mon visa et ceux des autres menbres de l'équipe de TF1 nous attend à l'ambassade d'Iran à Paris. Problème, à l'ambassade les diplomates iraniens  nous affirment ne rien avoir reçu de Téhéran.

Qui a donné l'accord, pourquoi prétendent ils à Paris ne pas être informé. Je n'ai pas la réponse, jeudi matin nous décidons de partir à Téhéran sans visas, notre traducteur, nous dit que nous pouvons venir , nous ne serons pas refoulés à la frontière , «  quelqu'un »  nous attendra .

Nous atterrissons le soir même, nos visas sont bien délivrés à l'aéroport. Attendre  six semaines pour obtenir un visa, n'est donc pas une fatalité. Les mystères de l'Orient !!!  

 

Dans l'avion d' Air France, nous rencontrons une équipe de télévision italienne de la RAI. Deux jours plus tard nous partons tous, (une dizaine de média internationaux, italien, anglais, espagnol, américain, japonais, allemand) en autobus pour Ispahan,. Après 6 heures de routes, nous remarquons  la présence de nombreuses batteries anti aériennes. Nos guides se plantent à l'avant du bus : pas question de filmer, même interdit pour l'extérieur et l'intérieur du site.

Clin d'oeil  au JRI ( journaliste d'images, entendez caméraman) .

Pourquoi nous interdire tout cela lorsque l'on sait que des satellites, là haut, ne cesse de photographie et filmer sous tous les angles cette usine?

Première constatation, ici on ne cesse de construire, des travaux d'extension sont en cours.

 Après un briefing nous pénétrons dans le bâtiment central. J'ai l'impression de me retrouver en Irak lorsque les ingénieurs de Saddam Hussein nous faisaient visiter leurs usines dans lesquelles selon les américains, le Raïs cherchait à acquérir la bombe atomique. (autant d'accusations qu'ils rejetaient en bloc.) A l'époque,  j'étais bien incapable de savoir si ce qu'il me disait était vrai ou faux.

 

  Et bien, en écoutant mes interlocuteurs à Ispahan, j'avais un peu l'impression de revoir un vieux film. Lorsqu'un technicien m'explique que la pâte jaune que je vois à travers le hublot d'une gigantesque cocotte minute est du « yellow  cake »( concentré d'Uranium, il aurait pu me dire n'importe quoi, je n'ai jamais vu de « yellow  cake » avant! 

 

 

En revanche, je remarque qu'il y a une vieille casserole  pour  recueillir les suintements d'un tube métallique, qu'une cuve est pratiquement éventrée et que le service d'ordre qui nous entoure, sait savamment éloigner les employés.

 

 

 

 Mais notre contrat est rempli, nous filmons tout ce que nous pouvons (cette visite est exceptionnelle), tentons d'enregistrer les conversations, posons des questions, il faut faire vite le temps presse, l' ambassadeur de l'Iran à l' AIEA (L'Agence Internationale de l'Energie Atomique, basée à Vienne) doit donner une conférence de presse .

En sortant du bâtiment, nous lui disons que nous sommes français, il s'arrête pour répondre à mes questions. Les gardes du corps s'interposent, il les repousse et prend le temps de nous répondre, comme quoi, il y a de la place à l'improvisation...

Nous le quittons, nous devons partir monter et diffuser notre sujet.

Il nous reste deux heures, deux heures pour comprendre, décrypter, souffler.

Mission impossible....mais il faut faire face alors, j'enregistre sur site ( avec le foulard, obligatoire!!) la fin du sujet, pas question d 'être habitée par le doute!

 

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